Une grotte immense
 

La grotte de Rouffignac est l'une des plus vastes de la région. Elle associe un développement d'environ 8 kilomètres de galeries, à des couloirs d'un volume inhabituel en Périgord. Les galeries, réparties en 3 niveaux, peuvent atteindre une dizaine de mètres de haut ou une douzaine de large. L'ensemble est creusé dans un calcaire crétacé où abondent les nodules de silex. Le réseau est aujourd'hui totalement fossile, si l'on excepte un petit ruisseau qui parcourt les boyaux les plus profonds. L'essentiel du creusement des galeries par l'eau s'est déroulé pendant l'ère géologique tertiaire On considère que le réseau est asséché depuis 2 ou 3 millions d'années.

Une grotte fréquentée par les ours 

Les premiers à avoir fréquenté la grotte sont vraisemblablement les ours des cavernes. De leurs passages répétés dans la cavité subsistent de nombreuses traces : D'innombrables griffades sur les parois et les plafonds et des bauges (nids) dans les sols argileux de certaines galeries. En revanche, on reste surpris par la rareté des ossements. Ces ours constituaient un espèce déjà éteinte lorsque les artistes préhistoriques vinrent à Rouffignac.

Passage des ours
 

Le passage des artistes magdaléniens

Le mammouth est à Rouffignac le thème dominant. 158 de ces pachydermes sont figurés sur les parois et les plafonds de ce dédale.
En dépit du grand prestige dont cet animal bénéficie dans nos esprits, il ne fut que relativement peu représenté par les artistes préhistoriques qui leur préféraient généralement les chevaux et les bisons. C'est ainsi que parmi les 350 cavités décorées d'Europe occidentale, environ le tiers des représentations de l'espèce sont à Rouffignac. C'est ce qui vaut au site d'être parfois surnommé "la grotte aux cent mammouths ".

Ce choix des artistes est d'autant plus surprenant que les ossements de mammouths demeurent rares dans le Sud-Ouest de la France, ce qui ajoute du mystère à l'ornementation de la caverne.

La gravure du Patriarche

Parmi les nombreuses représentations de mammouths, celle-ci est l'une des plus spectaculaire. Elle figure un animal âgé (au vu des défenses gigantesques) et illustre bien la lisibilité de l'art de Rouffignac comme la spontanéité des gestes des artistes qui oeuvrèrent ici.

 

Un ensemble de mammouth et bouquetins

Comme toujours dans l'art des cavernes, autour du thème central gravitent d'autres sujets. C'est particulièrement le cas sur le Grand Plafond où un tourbillon de 65 animaux s'entremêlent au-dessus d'un puits d'accès aux étage inférieur de la caverne. Aux inévitables chevaux et bisons s'ajoutent ici des rhinocéros, fort rares dans l'art des cavernes, et des bouquetins comme ceux qui entourent ici le Grand-Père, l'une des figures de mammouths les plus complètes de la caverne.

Après la gravure, la seconde technique des artistes de cette grotte est le dessin au trait noir. Cette simplicité technique accentue sans aucun doute la force évocatrice de ces images, qu'elles soient simplement juxtaposées sur le Grand Plafond ou qu'elles participent à des ensembles structurés comme la "Frise des dix mammouths".

Ici plus qu'ailleurs, c'est toute la sensibilité et la modernité des artistes magdaléniens qui transparaît.

 
  frise

 


Depuis 1959, des trains dans une grotte !

Une grotte est un milieu à l'équilibre précaire.

La présence d'art préhistorique rend le respect de cet équilibre encore plus indispensable.

Concilier visiter et conserver implique des précautions particulières comme la limitation du nombre des visiteurs ou la gestion des éclairages tant en durée qu'en puissance.

C'est la raison pour laquelle la visite de la grotte de Rouffignac se déroule à bord de petits trains électriques qui canalisent le public, transportent l'éclairage et garantissent une certaine discrétion à notre fréquentation répétée de la caverne.

Cet aménagement, mis en place dès 1959, est unique dans une grotte ornée.

Sur une heure d'exploration, il permet au visiteur d'éprouver le caractère impressionnant des lieux, et de découvrir son art préhistorique, sans fatigue et sans danger pour la conservation, tout en bénéficiant d'une véritable visite-conférence.

Le premier train de la grotte, au départ de la visite, dans les années 60.